Oncle GOurdin
Dans leur îlot vert, cinq lutins passent le temps, enfilent les jours comme les perles. Quotidien nourri de routines huilées ; on coud des vêtements depuis les éléments naturels ramassés dans les bois. On réchauffe la tambouille, on se balance dans le rocking-chair, on tourne en rond dans le pied-à-terre. L’ennui gagne. On découvre alors l’héritage d’oncle Gourdin, des textes.
Et les lutins s’adonnent à un jeu nouveau : lire, jouer, faire ce qui s’apparente à du théâtre. Ils s’essaient à Brecht, Pasolini… Les lutins adaptent, s’engueulent, et s’entre-tuent. Le théâtre commence enfin sur des cadavres, il naît sur les charniers. Mauvais génies ou erreurs de la nature, ces elfes des bois affichent ventres ronds et barbichettes sales. Jeunes à trois cents ans, ils jouent avec nos nerfs et nos mauvaises consciences. Ils réveillent ceux qu’ils appellent nos « enfants intérieurs », sales gosses, casseurs de vies parfaites.
Oncle Gourdin, titre choisi pour l’insolence, la franchouillardise, le mauvais goût qui donne envie d’y revenir.


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