Les taxis parisiens boudent les quartiers périphériques
Le Parisien. «Inutile d’insister ma petite dame, il n’en passe jamais par ici… » 13 heures, devant la station de taxi du 156, avenue de Flandre dans le nord-est du XIX e arrondissement. Quelques voitures stationnent, le lumignon en berne. « Ils utilisent cette station comme une voie de garage mais ils ne chargent pas », déplore la riveraine, retraitée.
Aux trois stations suivantes, porte de la Villette, ce sera le même scénario.
La question de l’offre insuffisante en Ile-de-France risque de s’inviter dans les débats du Salon professionnel des taxis qui se tient jusqu’à ce soir à la porte de Versailles (lire ci-contre) . Avec 16 500 taxis autorisés par la préfecture de police (soit 2,7 pour 1 000 habitants), Paris est l’une des capitales européennes les mieux dotées. Mais trouver une voiture disponible en dehors des grosses stations (gares, aéroports, sites touristiques…) relève pourtant de la mission impossible. Motif : une mauvaise répartition des « effectifs » entre les différents secteurs géographiques de Paris et des 122 communes de petite couronne. Des mesures ont été prises, mais elles ne règlent pas le problème de la grande disparité de l’offre dans Paris.
« C’est vrai que les chauffeurs ont tendance à bouder les quartiers périphériques », reconnaît Gilles Boulin, directeur de la coopérative Gescop qui regroupe un millier de taxis indépendants. « Ils doivent faire un maximum de clients en un temps donné. Donc, ils vont dans les quartiers les plus fréquentés par les touristes ou les salariés. » Résultat, en journée les stations de Châtelet ou des Champs- Elysées regorgent de taxis, celles du XIX e , du XII e , du XV e , de Barbès ou de Belleville sont désertées.
Loading ...